Les Chroniques de Marie : nos 10 jours au Cambodge

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10 jours au Cambodge, par Marie Ziegler [Partie 1]

Marie a voyagé avec moi pendant 10 jours au Cambodge, elle vous raconte jour par jour ce qu’on a vécu 🙂

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Phnom Penh et Kep : Jour 1

10h30 à la sortie de l’aéroport je suis abordee par plusieurs Tuk Tuk que je refuse. Trop direct, trop cher, trop peu aimable.
Finalement je monte avec Mean Kosal. Nous commençons à discuter et il m’apprend la prononciation des quelques mots de base que j’ai appris. Tout en discutant il me balade puis tout à coup s’arrête et me dit que j’ai un sourire magnifique, qu’il m’aime et qu’il voudrait m’épouser !
Je ris, tellement. Je lui demande comment il pourrait m’aimer en 30min ? Il se dit sincère il aime mon sourire. Certainement qu’il n’en voit pas beaucoup, des sourires d’Européen…
Finalement il accepte qu’on ne “soit qu’amis” et pour cela m’offre une bière !
Oui, le conducteur de Tuk Tuk Cambodgien offre une bière à l’européenne venue découvrir son pays pour les vacances…
Je lui demande s’il fait ça souvent, il me dit que non, mais que j’ai été si aimable qu’il avait envie qu’on continue à discuter. Je le crois sincere.
Il me raconte qu’il vient d’un village à côté, qu’il est venu à PP pour travailler et que finalement aujourd’hui il a 49ans et a fait ça toute sa vie. Avec 2 autres conducteurs il se sont regroupés et s’entraident pour trouver les clients et surtout pour quand les fins de mois sont difficile. Aujourd’hui son regret est de ne pas avoir trouvé de femme. Il aimerait sortir de là, partir, un jour rencontrer une étrangère qui l’emmène avec lui…
Ce fut ma première rencontre avec un Cambodgien, je commencais à peine à réaliser à quel point ces gens peuvent être accueillants et bienveillants.

12h- Arrivée à la Base Villa, je retrouve Anissa qui a rencontré Lucine la veille au soir.
Une belle rencontre, Lucine vient d’île de France, elle est belle, cultivée, drôle, dynamique et rafraissante. Elle à déjà fait le Pérou, la Thaïlande, le Laos et est arrivée au Cambodge il y a une semaine. Une vraie backpackeuse sur les routes asiatiques depuis 1 mois et demi qui va finalement faire un bout de chemin avec nous !
Elle a déjà visité les temples d’Angkor alors on décide de faire notre itinéraire à l’envers et de nous mettre en route pour Kep !

14h30 Voyage vers Kep, c’est partie pour 4h de flip. La conduite est violente, on n’a pas de ceintures, il passe son temps au téléphone, cris, souffle, râle après les autres conducteurs. A la pause il se bagare “amicalement” avec 2 amis à lui et en milieu de trajet s’arrête pour s’acheter de nouvelles chaussures pendant qu’on attend dans une chaleur étouffante. Il est clair qu’ici la notion de professionnalisme est toute relative !
Mais finalement, nous arrivons à bon port, en un seul morceau, et pour 2$ de plus il nous dépose directement devant notre guesthouse.
Ici, les règles ne sont pas les mêmes, c’est à nous de nous adapter et de ne pas s’offusquer…

Il est 19h heure locale, 14h en France. Cela fait 30h que je ne me suis pas douchée ni n’ait réellement dormi (3h entrecoupées dans l’avion).
Nous arrivons donc à Kep à la Rega Guesthouse et découvrons… Qu’il n’y a là que des français ! (et un cuisinier espagnol).
Ils nous expliquent alors que Kep est plus ou moins le point de rassemblement de tous les expat’ Français.
La chambre et la salle de bain commune à tout le logement sont sommaires, mais Mamá quel bonheur de prendre enfin une douche et de faire une nuit complète !
La chaleur est insoutenable mais malgré tout, la fatigue l’emporte vers minuit.

Koh Tonsay ou Rabbit Island : Jour 2

Réveillée à 9h30. Je ne souffre absolument pas du décalage horaire. Merci le secourisme et le job d’infirmière qui m’ont appris à adapter mon sommeil !
On décide d’aller sur l’île de Koh Tonsay (plus connue sous le nom de Rabbit Island, plus pour sa forme vue du ciel que pour d’éventuels lapins qu’on y trouverait difficilement). Les hôtes de Rega acceptent de garder nos sacs de voyage jusqu’à demain afin qu’on soit plus légères pour le voyage vers l’île.

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À Koh Tonsay il n’y a pas d’accès internet et l’électricité fonctionne seulement de 18h à 22h. Quand on est habitués à un accès illimité, ce nouveau fonctionnement demande… Une organisation.
Finalement, ça ne nous a pas déplu puisque, charmées par cette île paradisiaque, nous décidons de rester une nuit de plus !

Simone est en grande partie la raison de notre coup de cœur pour cette île.
Elle était notre hôte et bien qu’on ne soit pour elle qu’un touriste parmi tant d’autres, sa convivialité nous donne l’impression d’être uniques. Chaque fois qu’on la croisait à l’heure du repas nous avions droit à “Hello friend, you want to miam-miam ?”. Cette expression enfantine n’ajoutait que plus de charme à cette personne admirable et chaleureuse qui tenait d’une main de fer son établissement. Ici les hommes sont à la pêche, les femmes au commerce.

Ce midi là nous goûtons donc le fameux crabe au poivre vert. Ce poivre fraîchement cueilli doit être consommé dans les 3 jours ! Un délice, très certainement le meilleur crabe que j’ai mangé. Miam !

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Sur l’après midi nous décidons d’aller découvrir le vieux bunker français indiqué sur Maps.Me… Erreur fatale, sur notre chemin nous nous retrouvons bloquées par le depotoir/compost/déchetterie de l’île… Une odeur atroce. Nous rebroussons chemin, bredouilles. Pas de vieux Bunker pour nous.
Il faut savoir que la notion de propreté chez nous et la bas est différente. Il y a peu de poubelles et tout est jeté par terre. Dans un pays comme celui là il faut s’asseoir sur ses convictions écologiques, sous peine de rentrer en France avec un Syndrome Post-Traumatique.
Le reste de la journée à été très, très cool.

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Massage avec points de compression à l’huile de coco, au bord de la plage, avec une vue directe sur le coucher de soleil… Puis une fois les lumières éteintes, bain nocturne avec les planctons qui s’illuminent à notre passage. Un instant magique.

Nous rentrons nous coucher dans notre bungalow plutôt luxueux pour le coin, deja on a une salle de bain privée ! 2h du matin, je suis réveillée par les flash lumineux, la pluie qui a inondé mon sac de soie et le tonnerre qui gronde au point d’en faire trembler les murs. Je n’ai jamais connu d’orage aussi violent et il est juste au dessus de nos têtes. Mes sentiments sont mêlés entre crainte et fascination.

Toujours à Rabbit Island : Jour 3

Nous sommes censées repartir avec le même bateau pêcheur qu’à l’aller aujourd’hui à 11h, mais nous nous sentons frustrées de n’avoir passé qu’une seule journée sur cette petite île merveilleuse. La crainte commence à poindre à l’idée d’être déçues par Koh Rong Sanloem, voire de regretter plus tard de n’avoir passé qu’une nuit à Koh Tonsay.
Nous en parlons à Simone qui nous répond enjouée “je connais tout le monde ici ! Je m’en occupe. Restez”
Nous voilà donc parties pour un jour supplémentaire ! Une aubaine, d’autant plus qu’ici, bien que ce soit une île, les tarifs sont hors compétition (0,75cent pour un Iced Coffee contre 1,25 voir 1,5$ ailleurs. Ce fut LA boisson de notre séjour, le café Khmer est cacaoté, un délice. Les plats entre 2,5$ et 6$).

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Plus de temps sur l’île signifie également plus de temps avec Catherine. Ah Catherine. Un OVNI parmi les voyageurs. Catherine est une journaliste parisienne, elle voyage dans toute l’Asie depuis 10 ans, seule la plupart du temps. Lorsque nous la rencontrons elle est sur la route depuis 1 mois et demi.
Mais Catherine râle, se plaint, ne s’adapte pas à la culture locale. Le jus n’est pas aussi bon que quand elle le fait elle-même, les œufs ne sont pas cuits à son goût, le plat épicé devient à ses yeux “imbouffable “. Rien ne va et la raison en est pour elle que les Cambodgiens sont “fainéants”. De toute évidence, bien que nous ayons côtoyé les mêmes personnes, nous ne les avons pas perçu de la même manière.
Ici on ne s’attend pas à trouver du papier toilette dans la chambre, mais si on le demande ils s’empressent de nous l’apporter. Lorsqu’on nous sert un plat de crabe, il ne leur semble pas évident – comme en France – de fournir également un bol pour les carcasses et des serviettes pour s’essuyer. La culture est différente mais la population est aimable et répond à nos demandes avec le sourire, bien qu’elles leur semblent parfois étranges. Il ne s’en plaignent pas. Et pourtant, Catherine a réussi à faire dire à un Khmer qu’elle était très difficile. On a vu leur crainte dans le regard, à rester à côté d’elle à chaque service, dans l’attente de sa sanction.
A ce jour ma grande question reste : comment peut-on voyager si longtemps en Asie sans en apprécier sa culture et sa population ?

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Nous décidons sur l’après midi de faire le tour de l’île et donc de passer par la jungle. Étant dangereuse sans guide, il faut suivre les sentiers, mais même ces derniers sont escarpés. Puis surprise au milieu du parcours, on ne trouve plus de sentier, la nature semble avoir repris ses droits…

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Nous continuons d’avancer donc avec un bâton pour rompre les branches en se guidant avec le GPS. Après 4km de galère, nous sommes à environ 2,5km de notre lieu d’habitation mais nous retrouvons sur une plage, face à la maison d’une famille de pêcheurs Khmer, sans trouver de passage. Le fils parlant anglais nous dit qu’avec la marée montée la seule possibilité est de passer par l’eau… Et nous demande 7$ chacunes pour nous amener en bateau, fermé à toute négociation.
Un autre groupe de français arrive, devant ce prix exorbitant nous décidons tous ensemble de tenter notre chance à travers la jungle et… Victoire nous arrivons à bon port !
Cadeau bonus à notre arrivée, la vue sur un magnifique coucher de soleil

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Kampot et sa plantation, Sihanoukville : Jour 4

C’est le jour du départ de l’ile. Ne sachant pas quel bateau nous ramène, nous nous pointons sur la plage avec nos sac à dos. Là un Khmer nous interpelle “vous partez ? Montez dans mon bateau”, aussi simple que cela ! Ici, pas d’organisation, pas de prises de tête. On ne voit pas au jour le jour mais à la minute ! Nous aidons donc les locaux à pousser le bateau et nous voilà à bord.

De retour sur le continent, nous prenons un Tuk Tuk pour faire la route du poivre et visiter la plantation de Kampot.

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Là nous avons la surprise d’avoir droit, gratuitement, à l’historique de la plantation de poivre, dégustation (ça pour déguster, on déguste oui ! Différents types de poivres et de piments, à la fin c’est le feu qui sort de nos bouches) et visite guidée. Le tout agrémenté d’un merveilleux guide parlant un français très personnel à base de “Top moumoute”, “petit jésus en culotte de velour” et de “le poivre de Kampot ça dépote” !

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Notre quota de galère n’ayant pas été couvert aujourd’hui, il a bien évidemment fallu que notre Tuk Tuk crève à 1km de la nationale !
Nous voilà donc en marche, sous un soleil brûlant, jusqu’au premier mécano. On vit local jusqu’au bout.
Puis tout s’enchaîne, on reprend la route pour Kampot ville, réservation d’un bus nous amenant de nuit à un Sihanoukville glauque au possible. Heureusement, nous partons demain matin pour l’île de Koh Rong Sanloem.

Community Manager en sac à dos !

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