Les chroniques de Marie : nos 10 jours au Cambodge [partie 2]

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10 jours au Cambodge, par Marie Ziegler [Partie 2]

“Marie a voyagé avec moi pendant 10 jours au Cambodge, elle vous raconte jour par jour ce qu’on a vécu 🙂”

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Koh Rong Sanloem : Jour 5 et 6

Nous quittons notre hôtel à 8h30 et galérons à trouver un Tuk Tuk pour nous amener au quai des slow boats (a 5$ l’aller). Tous veulent nous amener à Serendipity, le quai des speed boats (12$ l’aller). Finalement nous en trouvons un mais ne réalisons que trop tard qu’il nous a amenées à Serendipity.
Nous repérons un bateau pêcheur vide, mais après 3h à attendre l’arrivée de son capitaine afin de négocier un prix, nous nous resignons à payer le speed boat.
Nous débarquons alors à Saracen bay, sur une plage paradisiaque au sable blanc et à l’eau turquoise. Ce fut l’heure de l’enchantement.

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Très vite nous nous mettons en route à la recherche d’un logement pour nos 2 nuits, et là, c’est le drame. 30-40$ le bungalow, 6 à 13$ le plat et ici pas de négociations, c’est l’île touristique, valise ou backpack nous sommes tous collés à l’enseigne des riches étrangers. Après avoir connu une Koh Tonsay très chaleureuse et familiale, nous voilà déroutées. Ce fut l’heure du choc et du désarroi. Un véritable ascenseur émotionnel.
Finalement, un des hôtes comprend notre situation et nous dirige vers un dortoirs plus éloigné de la plage, enfoncé dans la jungle. C’est l’endroit le moins cher de Saracen bay. Nous trouvons donc Jungle Republic et ce fut notre salvation !

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La nuit en dortoir mixte de 7 était tout de même à 7$ (À Koh Tonsay nous avons eu un bungalow privé pour 3,5$ chacune), mais tout le reste était à un prix correct et surtout l’ambiance communautaire eco-friendly dans la fraîcheur de la jungle nous a convaincues ! Et nous n’étions finalement qu’à 5min de Saracen Bay et 20min à travers jungle de Lazy Beach.
Le personnel y était également beaucoup plus chaleureux :
« – No “sweet” for me please.
– Because you are already so sweet ».
(Ici on ne dit pas “sugar” mais “sweet” pour du sucre 😉). Déjà avec cette phrase, c’était devenu mon endroit préféré ah ah

Dans notre dortoir, nous faisons la rencontre de Yaara. Yaara est une israélienne de 26 ans, belle et généreuse, qui vient de terminer son service militaire en tant qu’agent cynophile.
Elle va entamer ses études de médecine en septembre, mais comme beaucoup d’israëliens, elle profite de ces quelques mois entre service militaire et reprise d’étude pour parcourir le monde !

Si je devais résumer ces 2 jours : chill au bord de la plage, jungle (balade sur un sentier très propre cette fois ci !), lever de soleil à Saracen Bay, coucher de soleil à Lazy beach et de belles rencontres (mais beaucoup de français !).

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Petite frayeur tout de même au retour de Lazy beach de nuit, vu que l’on traverse la jungle tout de même… Des animaux nous suivaient, on entendait leurs pas, mais de quelle nature ? Nous ne le saurons jamais !

Au final, un sentiment très mitigé sur cette île, entre émerveillement et désillusion.

Sihanoukville : Jour 7

Nous quittons l’île à midi. La veille le vendeur de tickets nous a dit qu’il y avait des départs de slow boat toutes les heures entre 9h et 13h. Pourtant, lorsque nous arrivons à 11h voilà un nouveau discours : le slow boat par à 9h, supply boat à 10h, les autres sont des speed boats 2 fois plus chers. Décidément dans ce périple vers Koh Rong Sanloem nous nous sommes surtout faites arnaquer !
Une fois arrivées à Sihanoukville nous sommes à 3km de notre station de bus pour Siem Reap. Au vu de nos dépenses en bateau nous ne pouvons nous permettre de prendre un Tuk Tuk et admettons que malgré la chaleur et les backpacks, 3km cela reste faisable !
Nous faisons dans un premier temps 2km de marche dans les tréfonds de Sihanoukville, sans points d’ombre. Perlantes de sueur, nous nous arrêtons devant un restau ouvert mais ne servant à manger que le soir. Nous avions du mal à nous comprendre car le commerçant parlait uniquement chinois, mais celui ci nous a offert du thé (oui offert, gratuitement !), accès à son Wi-Fi et nous proposa même d’utiliser sa cuisine si nous voulions nous cuisiner quelque chose. La personnification même de la bonté ! De quoi nous redonner foi en l’humanité après nos quelques mésaventures avec des Khmer peu scrupuleux.

À 19h nous reprenons la route, Anissa et moi d’un côté, Lucine de l’autre. Et oui, voilà l’heure triste de la séparation… Mais pour mieux se retrouver  il nous reste 1km à faire mais il fait plus frais.


C’est parti pour 12h de route dans un hôtel bus avec un lit couchette 90cm (1 personne) pour 2… Mais étonnamment nous avons très bien dormi !

Siem Reap : Jour 8

Mauvaise surprise ce matin, au lieu d’arriver à 8h à 1km de notre auberge, nous arrivons à 5h30 à 4,5km de celle-ci (on retrouve notre taux de galère habituel). Nous rencontrons en descendant 2 Barcelonais, Marc et Jordi. On était 4 galériens et on s’est dit “hey si on galerait ensemble !?”. Nous décidons donc de partager un Tuk Tuk, de se poser à la même auberge et finalement même de visiter les temples d’Angkor ensemble demain.
Prix de départ 20$ pour les temples, négocié à 16$ + 1 coca ! La meilleure négociation de la semaine 
Nous nous en sortons donc pour 4$ (et 25cents pour le coca) chacun, avec un Tuk Tuk qui vient nous chercher à 4h30 au pied de l’auberge et nous balade toute la journée comme on le souhaite dans les temples. C’est “top moumoute” comme dirait notre guide de Kampot 😂

Sur l’après midi balade à pied dans Siem Reap et quelques achats au marché.
Funny fact : ici quand on demande la distance pour aller quelque part, tous les Khmer disent “oh non, c’est trop loin, il faut prendre un Tuk Tuk” puisqu’evidemment, ici, on ne se déplace qu’en scooter ou Tuk Tuk (comme me l’a appris Lucine, seul les pauvres marchent). Avec Anissa, grandes aventurières que nous sommes… Ok, surtout proches de nos sous, on a décidé de compter sur nos pattes. Verdict : le marché siii loin, était à 15min à pied, avec beaucoup de points d’ombre. Une broutilles pour les citadines françaises que nous sommes 
Et quel bonheur de déambuler dans les rues, sans but précis, si ce n’est la découverte de ce nouveau lieu.
Au cours de notre errance, nous nous retrouvons face à un magnifique temple dans lequel nous décidons de nous arrêter un moment. Bonus en fin d’après midi, expérimentation du fish-massage. Au milieu de tous ces gens sérieux se trouvaient 2 guignols à rire à cause des poissons qui chatouillent les pieds !

A 16h30 nous partons avec nos Barcelonais à l’office d’Angkor acheter nos billets pour demain. A savoir qu’entre 17h et 17h30 on peut prendre les billets pour le lendemain (avant 17h ça compte pour le jour même) et visiter les temples gratuitement sur la 1/2h qu’il reste !
Retour à l’auberge pour prendre la douche la plus attendue de la journée.
Cette auberge est définitivement la plus luxueuse qu’on ait eu, on a la clim et une salle de bain avec une “vraie” robinetterie et miroir ! En voyant mon reflet après 8 jour… J’ai cru ne pas me reconnaître. Il était temps de m’epiler les sourcils !
Après ce debroussaillage (bon j’exagère peut-être un tantinet), nous terminons la soirée au marché nocturne, très controversé sur internet, mais qui nous a paru plutôt agréable. Sans plus.
La difficulté que je rencontre ici, par rapport aux autres villes, c’est cette stratégie commerciale des vendeurs de rue basée sur la supplication et la culpabilité. Je suppose que cela fait parti du packaging “lieu très touristique”. Anissa me dit qu’avec le temps j’arriverai à me blinder, mais je n’en suis pas certaine…

Angkor Wat à Siem Reap : Jour 9

Des temples et du sang (j’évolue en mode titre accrocheur !)

Réveil à 4h ce matin pour aller visiter les temples. C’est dur. Très dur.
Au dernier moment une 5ème personne s’est ajoutée à notre groupe d’expédition : Hanna. Nous sommes donc 5 dans le Tuk Tuk. (ce qui au cours de la visite lui vaudra, semble-t-il, une contravention de 10$. Nous décidons donc, à l’initiative de Marc, de donner chacun 5$ au lieu de 4, en soutien).
Notre conducteur est en avance ! A 4h30 nous sommes déjà sur la route. Néanmoins, lors de ce trajet jusqu’aux temples nous réalisons pourquoi notre Tuk Tuk est 2 fois moins cher que ses concurrents. Il est surtout beaucoup plus lent ! C’est parti pour la file de Tuk Tuk qui nous dépassent les uns après les autres. Nous nous accordons tous sur le fait que ça n’est pas gênant, voire même que grâce à cela nous profitons encore plus des paysages sur la route ! On est sur la même longueur d’onde, ça démarre bien.

Nous arrivons au lac devant le 1er temple pour le lever de soleil. Le temps nuageux ne nous permet pas de profiter réellement du lever de soleil. Nous enchaînons donc assez rapidement avec la visite du temple.

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Mon avis est mitigé sur les temples. Certes, je me suis retrouvée face à un environnement merveilleux et emprunt d’une histoire sacrée. Néanmoins, il est difficile de se projeter dans l’histoire du lieu, où même de profiter du paysage lorsqu’il est envahi de touristes ne se préoccupant que de la pose qu’ils doivent prendre devant telle porte, tel arbre, telle statue et ne respectant ni les règles vestimentaires, ni les autres visiteurs.

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Des groupes de chinois principalement emplissent l’espace, s’enchaînent les uns après les autres pour avoir “leur” photo, comme l’a innocemment dit Anissa “ils ont la passion de la queue”!
Cette dynamique, ne laissant aucune respiration au lieu, a été trop étouffante pour moi et a gâché mon expérience. Mais peut être suis-je trop rigide. Le manque de sommeil n’ayant pas aidé a appliquer plus de tolérance.

cambodge_angkor_watCe sentiment d’oppression a été d’autant plus accentué que la stratégie commerciale était encore plus poussée qu’au marché, impliquant soit des enfants (mon cœur se morcelle. Désolée Anissa, malgré tes relativisation sur leur meilleur condition de vie ainsi, je n’y arrive pas) soit du harcèlement, à nous suivre malgré nos 15 “non merci” passés crescendo de aimables à très très irritées.

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Anissa partage mon sentiment mitigé, mais reste néanmoins plus détendue. Détendue au point de ne réaliser qu’après 2h, rien que ça, qu’elle a oublié son sac au bord du lac. Oui, le lac du lever de soleil. Le plus surprenant étant qu’après 2h on l’a retrouvé exactement au même endroit et que rien n’avait été touché !

Nous avons visité les 4 temples de la “petite boucle” qui sont Angkor wat, Bayon, Ta Keo (ou de jeunes moines posent pour les photos…) et Ta Prohm (le décors de Tomb Raider 😉)

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A 12h nous retournons à l’auberge. Malgré le lever de soleil raté, nous ne regrettons pas le réveil précoce car dès 9h30 il faisait une chaleur effroyable ! Finir plus tôt nous convenait parfaitement. D’un autre côté, peut être aurions-nous été plus “tranquilles”.

Nous avions fait le choix d’un après midi tranquille après les temples, mais je repense à une pancarte vue hier invitant les visiteurs étrangers “sains” à donner leur sang. Je pense être saine. Je décide donc d’aller faire ma BA. Puisque je le fais déjà en France, pourquoi pas ici où les besoins sont importants. Anissa m’accompagne (et joue la maman 😉).
Nous nous dirigeons donc vers l’hôpital de Siem Reap. A notre arrivée nous devenons l’attraction de la salle. Grands sourires, remerciements presque obsequieux, photos… Mais on ressent une réelle reconnaissance et beaucoup de bienveillance (j’aimerais avoir le même accueil à l’EFS ! Ah ah).
Même dans l’acte en lui-même, mon œil d’infirmière n’a pu s’empêcher d’observer. Nickel chrome du début à la fin ! Propre, hygiène impeccable et beaucoup de douceur. J’ai honte de le dire, mais c’est le soin le plus consciencieux que j’ai vu de ma vie.

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Messieurs, dames, si vous vous sentez l’âme d’un voyageur donneur de sang (et non donneur de leçon), Siem Reap est fait pour vous ! Et en prime on nous offre un tee-shirt… 😁

Ce petit détour nous a valu la rencontre Long Dy (à prononcer “lundi”).
Il est laborantin et gère les donations dans ce centre depuis 4 ans, car ici pas de médecins. Il exerçait avant dans un dispensaire pour enfants, lorsqu’on lui demande s’il préférait ce job là, il sourie, hésite, ne dit rien. Nous comprenons et n’insistons pas.
Au fil de la discussion (puisqu’il a suivi tout mon parcours de soin et en a profité pour discuter avec nous), Long Dy nous parle de ses actions et de ses projets. Je réalise alors à quel point ce job en dispensaire lui collait à la peau. Il accorde énormément d’importance à l’éducation des enfants Khmer, notamment en situation de précarité. Il se déplace dans les écoles pour sensibiliser à l’hygiène. Aujourd’hui il essaie de monter un nouveau projet mais de sensibilisation au recyclage cette fois-ci.
D’autre part, il ne gagne qu’un salaire moyen actuellement (250$/mois!) mais il recherche un moyen d’investir dans des fondations portant les mêmes valeurs et projets éducatifs.
Long Dy est une personne admirable, engagée et convaincue que l’éducation permettra de changer la population Khmer.
Nous échangeons nos contacts et repartons à notre auberge. A 23h on reprend le bus pour Phnom Pehn cette voici. Dernier arrêt de mon séjour.

Phnom Penh : Jour 10

La fin approche

J’ai passé une nuit atroce dans le bus. Moi qui me vantais de ne souffrir ni du décalage horaire ni d’aucun désordre digestif, me voilà, à peine entrée dans le bus, prise d’affreuses crampes abdominales. L’angoisse commence à monter à l’idée d’avoir peut être la turista, coincée dans un bus sans toilettes, dans un petit lit couchette partagé avec Anissa…
Je souffre toute la nuit et ne dors que par intermittence. Néanmoins, heureusement, pas de diarrhée.
J’aborde des sujets peu glamour, mais il me semble important d’explorer sans tabou tous les aspect du voyage 😉

Nous posons nos affaires à la Base Villa et retrouvons avec joie Lucine !
Là bas, nous rencontrons Antoine qui vient de Bourgogne. Depuis 2 mois, lui et son ami découvrent le Vietnam et le Cambodge, et n’ont trouvé de moyen de transport plus original… que d’acheter leur propre Tuk Tuk !
Heureusement leur pancarte “no business” leur permet d’éviter les représailles des autres Tuk Tuk. Les Khmer qu’ils ont croisé étaient plutôt enchantés voire hilares et les photographiaient.
Même la police les a salué sans les contrôler !

Pour mon dernier jour, programme léger : marché russe et marché central pour acheter les cadeaux souvenirs à ramener et mon café !

cambodge_market_marcheJe ne pouvais quitter le pays sans en ramener. La particularité de ce café ? Il a une odeur et un arrière goût de chocolat 
Apres m’être faite refouler par les commerçants du marché se demandant ce que je pouvais bien appeler café Khmer, j’ai eu envie d’abandonner. On en est venues à se demander si ce café existait vraiment, mais les filles m’ont motivée à poursuivre ma recherche. On rentre dans un petit boui-boui dans une rue parallèle au marché russe et là, miracle ! Je trouve 1kg de café. On passera sur le packaging sachet congélation non marqué, mais on reconnaît l’odeur et c’est 3$ (plus tard a l’aéroport je le trouverai en joli sachets de 250g… a 25$ ! Oui monsieur !)

Il est 16h30, je quitte les filles à l’auberge, mon avion part dans 2h30. Après 23h d’avion je serai rentrée en France et ce chapitre sera clos. Ce fut un voyage plein de découvertes mais surtout plein de merveilleuses rencontres (même si je n’ai pas pu tou-te-s les présenter). Peu de vacanciers comme moi, mais beaucoup de long voyageurs à travers l’Asie. A tous, je leur souhaite une bonne continuation dans leur voyage et peut être, qui sait, nous recroiserons-nous à la sortie d’un bus, dans la piscine d’une auberge, ici ou ailleurs…

Pour voir la première partie sur notre voyage au Cambodge c’est ici ! 

*Il est possible que des fautes d’orthographe se soient cachées dans mon article :O. Je promets de relire mon article sous peu, en attendant vous pouvez m’envoyer un message XD*

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2 commentaires

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